Klar/Obskur - Conducteur pour hautbois, basson et piano SCHWEITZER BENJAMIN
Hautbois, Basson et Piano Classique
Description :
La technique du clair-obscur développée par les peintres de la Renaissance italienne a servi à intensifier les contrastes et les effets de la profondeur optique. Dans Klar/Obskur, j’ai essayé de transposer l’idée générale de cette technique sur l’instrumentation plutôt inhabituelle de deux bois à anche doubles et du piano. D’une part, un jeu clair et bien articulé caractérise ces instruments, d’autre part, ils ont souvent un potentiel sous-estimé de « crépuscule » : les sons aériens et les couleurs fragiles et ombragées sont particulièrement attrayants lorsqu’ils sont produits par des instruments à anche double (qui sont souvent, et superficiellement, considérés comme moins capables de différencier des sons que la flûte ou la clarinette). Le piano aussi offre une large bande passante de possibilités entre percussion et jeu délicat, pour compléter les bois qui, en retour, peuvent absorber et poursuivre les sons du piano qui s’estompent.
Le début introduit les deux éléments contrastés qui forment la matière de base de la pièce : un accord clair et tranchant, suivi de sons fragiles et ternes. Les changements entre ces éléments ainsi que leur combinaison et leur amalgame produisent un immense spectre de couleurs et de gestes. Après cette ouverture « de type devise » suivent quatre courtes sections assez clairement séparées, chacune caractérisée par une texture bien définie : un passage en air presque imperceptible, une courte séquence de micro-intervalles, un élan de virtuosité et un recours aux sons fragiles du début.
La seconde partie principale, plus longue, se compose de trois sections qui fusionnent subtilement : un court passage unisono, marqué élastique [federnd], est en train d’être dissous en ses éléments de base ; de ces restes émerge une confrontation de sons bas et « arcaniques » de basson et de piano, ainsi qu’une ligne mélodique fortement ornée du hautbois, menant à un climax court mais puissant. L’œuvre se conclut par un épilogue étendu et détendu, comprenant un court solo de piano et un duo de hautbois et de basson et, enfin, une citation du caractère « élastique » de la section centrale.
Benjamin Schweitzer