Smart Dust LARCHER THOMAS
Piano Classique
Description :
Les appareils Smart Dust sont de minuscules capteurs microélectromécaniques sans fil (MEMS) capables de détecter tout, de la lumière aux vibrations. Grâce aux nouvelles avancées dans le traitement du silicium, ces « particules » ne sont pas plus grandes qu’un grain de sable, bien qu’elles soient équipées de capteurs, de circuits, de communications sans fil et d’une alimentation électrique. Ils collectent d’énormes quantités de données, effectuent des calculs et peuvent échanger de telles informations même sur des distances de 300 mètres. Aujourd’hui, on développe des possibilités d’application commerciale, comme la recherche de défauts de fabrication ou la prise en charge des patients, mais bien sûr cette « Poussière Intelligente », cette poussière intelligente à peine visible, est particulièrement adaptée pour espionner les personnes et détecter les mouvements de l’ennemi en cas de guerre. Peut-être qu’un jour, nous éliminerons un observateur potentiel en frottant un grain de sable de nos yeux.
Ce sont de minuscules cellules capables de communiquer entre elles, de construire un réseau entre elles, d’observer l’environnement et, surtout, de pouvoir être soufflées à travers des fenêtres ouvertes dans des pièces sans être remarquées. La musique aussi parle de petites cellules similaires, de sons étranges d’un piano à réduction sonore, de « circuits simples », c’est-à-dire d’informations basiques qui sont retransmises, de motifs musicaux issus de l’environnement urbain quotidien qui doivent ensuite être alignés les uns avec les autres et traités dans un centre de contrôle, dans la tête de l’auditeur. Des éléments omniprésents et dangereux. L’énergie du moteur (la puissance de la batterie) diminue au fil des petits morceaux, le flux d’informations ralentit. Le piano est dépréparé au fil de son cours, les éléments deviennent plus lisibles et audibles. Une vaste étendue stylistique est traversée en un espace très bref, comme si un « émetteur intelligent de poussière » atterrit sur le turban d’un muezzin et que le suivant est cent mètres plus loin dans une discothèque. Ou encore mieux : un émetteur dans une partition de Lachenmann, le suivant dans la barbe d’Arvo Pärt.
- Thomas Larcher